Dans un rythme de vie dit « normal », la personne quitte son domicile pour se rendre à l’école ou à son travail. Avec le centre d’activités et de loisirs (CAL), nous essayons de reproduire cette structuration temporelle et spatiale et nous proposons à nos résidents un espace dédié aux activités.  Celles-ci y sont présentées de façon régulière et dans un lieu identique.  Pour chaque résident ces activités journalières sont inscrites dans un planning d’activités individualisé, illustré si besoin, avec des pictogrammes.   Les activités et ateliers sont pris en charge par l’équipe du CAL composée de deux psychomotriciennes, une logopède, quatre éducateurs, une ergothérapeute et une psychologue.  L’équipe du CAL se complète d’éducateurs des unités de vie qui, une fois les prises en charges du matin terminées, viennent animer les nombreuses activités qui démarrent du centre d’activités.

La plateforme d’activités est composée d’un large panel d’activités, toutes ont pour objectif de répondre aux besoins des bénéficiaires, ceux-ci identifiés lors des réunions « projet de vie ».  Dans la composition des groupes, nous veillons à répartir les résidents de manière à pouvoir atteindre les objectifs fixés. Les groupes d’activités sont hétérogènes dans le sens où les différentes pathologies peuvent coexister au sein d’un même groupe.  Les personnes atteintes de déficience mentale, de polyhandicap, d’autisme ou personnes vieillissantes peuvent à certains moments être inscrites à la même activité pour autant que le besoin ciblé soit le même.  Outre les besoins identifiés, nous prenons également en compte pour composer le groupe des potentialités, des capacités d’adaptation et d’apprentissage de chacun. L’inscription se fait également en fonction des préférences de la personne.   Précisons aussi que nous adaptons le matériel, le moment et le milieu où se déroulera l’activité.   Nous proposons aux résidents qui ont des besoins spécifiques des prises en charges individuelles.

Nous l’avons dit, toutes les activités et les ateliers répondent aux besoins des personnes que nous hébergeons.  Nous avons classé ces besoins en catégories distinctes (cfr tableau récapitulatif des activités joint dans les annexes), Le bien-être et l’estime de soi sont des besoins à part entières, ils sont travaillés dans tous les ateliers. Il en est de même pour les habiletés sociales puisque celles-ci sont-elles aussi travaillées dans différents ateliers.  Les animateurs viellent au climat convivial, au respect mutuel, ils interviennent pour gérer les relations afin de permettre aux résidents de dépasser les difficultés relationnelles rencontrées.  Outre, le besoin d’activation et « l’ailleurs » du lieu de vie, les ateliers visent donc avant tout le mieux-être des résidents.

  1. L’expression (verbale, corporelle, artistique et communication alternative)

Pour une grande majorité des personnes que nous accueillons, l’accès au langage oral est limité voire quasiment inexistant. Nous sommes donc attentifs à offrir différents modes d’expression afin d’approcher et pouvoir rencontrer des besoins fondamentaux des personnes que nous hébergeons.  La communication est un processus relationnel qui demande une réciprocité mais lorsque ce n’est pas le cas, le rôle du professionnel est de pouvoir de décoder tous les messages non-verbaux qui leurs sont adressés afin de pouvoir y répondre.

Nous développons des possibilités d’expression pour la personne, en individuel ou en groupe.  Des groupes de paroles sont proposés aux personnes qui ont accès à la parole.  Le toucher est un autre média tout aussi important puisqu’il est utilisé pour entrer en communication avec les personnes qui présentent des problèmes sensoriels ou qui souffrent de polyhandicap. Les médias artistiques tels que la peinture, le dessin ou la musique sont autant d’opportunités offertes aux résidents pour exprimer leurs émotions, leur ressenti et leurs besoins.

 

En support, nous utilisons aussi des moyens de communication alternatifs tels que l’utilisation de pictogrammes, des photographies et d’objets concrets en fonction des compétences et des possibilités des résidents.  Outre l’usage que nous en faisons lors des ateliers, ces outils sont également utilisés dans la structuration du temps et des activités. Ils favorisent l’énonciation de choix, des besoins personnels, des centres d’intérêts mais aussi la description de l’humeur et des émotions vécues.

  1. La sensorialité

La psychomotricité et plus particulièrement l’approche snoezelen sont défendues au sein de l’Haim.  Plus qu’un outil, cette philosophie de travail permet aux résidents de vivre des expériences à travers la sensorialité du corps.  Elle se focalise sur l’éveil des sens et favorise la prise de conscience des sensations corporelles, des émotions et des besoins.  Cet accompagnement spécifique offre également aux résidents la possibilité d’accéder à la détente, au bien-être et la sécurité de base au travers d’un échange interrelationnel.  Enfin, elle permet aussi le développement et l’entretien de la motricité.

Cet outil est utilisé avec tous nos résidents et lors des séances, les accompagnants, psychomotriciens ou éducateurs formés à cette approche se montrent entièrement disponibles.  Nous avons à l’Haim deux espaces distincts et dévolus à la démarche snoezelen. Les massages, les séances de relaxation, l’atelier d’expression corporelle, les soins esthétiques sont autant d’activités qui se vivent au travers de l’approche snoezelen et de la psychomotricité. Les activités assistées par l’animal, qu’il s’agisse de chiens, de chevaux ou de rongeurs sont des opportunités pour les personnes les plus lourdement handicapées d’approcher l’animal, d’entrer en relation et de se découvrir elles-mêmes dans leurs compétences et envies.

  1. L’autonomie (se débrouiller seul pour les choses essentielles de la vie).

Celle-ci est travaillée dans le cadre de projets tels que l’apprentissage à prendre le bus, à faire des courses ou pour des tâches du quotidien tel que la lessive, les repas, … Les apprentissages ciblés portent aussi bien sur des attitudes, des gestes que sur des compétences à acquérir.  Dans l’objectif de permettre au sentiment d’utilité sociale de se développer, certains de nos bénéficiaires ont un « travail » au sein de l’institution.  Pour certains, celui-ci consiste au ramassage du linge et des sacs poubelles.  D’autres travaillent dans les cuisines ou à la buanderie.  Nous réfléchissons aussi à de nouveaux projets tels que la création d’une petite cafétéria et la gestion des déchets dans un parc à containeurs situés sur le site dans lesquels les résidents auraient aussi une participation active.  Nous jugeons en effet essentiel de permettre aux personnes hébergées chez nous de participer activement aux besoins de la communauté dans l’objectif de favoriser la normalisation et la valorisation sociale.

  1. La socialisation et les habilités sociales

Nous nous intéressons aux relations sociales que peuvent développer les personnes que nous hébergeons afin de leur permettre de développer un réseau social.   au traverset les relations qu’elles soient familiales, amicales ou avec des personnes sont privilégiées.  Au travers de projets tel que le « Café-Rencontre » ou « Parlons d’Amour », nous offrons aux résidents l’opportunité de développer un réseau social avec des personnes qui ne font pas partie de leur quotidien qu’ils choisissent d’investir en raison d’une affinité qui se développe.  Dans le même ordre d’idées, les sorties vers le village offrent aux résidents la possibilité de développer leurs habiletés sociales et l’épanouissement de pouvoir se déplacer de manière autonome.  Dans certains ateliers et au travers des jeux de rôles, nous travaillons sur des situations concrètes du quotidien.  L’objectif est d’identifier les ressources, les déficits, les excès dans la performance pour acquérir des compétences dans des situations de vie sociale, une sorte de « mode d’emploi des relations » et adéquation dans des situations du quotidien.

  1. Se dépenser physiquement

Le bien-être de nos résidents est également travaillé au travers des activités sportives.  Celles-ci visent à mobiliser le corps de la personne via des exercices adaptés dans le respect de leurs possibilités et de leur rythme. Il s’agit de stimuler les acquis moteurs, de réapprendre des mouvements qui peuvent ne pas être maitrisés ou d’améliorer leur condition physique générale.  Se mouvoir librement tout en y prenant du plaisir.  Le sport offre également la possibilité d’extérioriser les tensions en les canalisant dans des gestes spécifiques.  Outre les activités telles que le football, l’athlétisme ou l’adaptagym, l’exercice physique est également travaillé dans des activités telle que le jardinage qui offre aux résidents la possibilité d’être valorisés dans un travail concret et respectueux de l’environnement.

  1. La mobilité, la motricité fine et le matériel adapté

En parallèle aux suivis individuels par les professionnels paramédicaux (kinés, psychomotriciennes), nous travaillons au développement et au maintien de la mobilité dans des ateliers adaptés tel que la station debout.  Ceux-ci sont pris en charge par l’ergothérapeute.  Nous développons également une approche orthopédique en collaboration avec un médecin orthopédiste afin de développer des appareillages adéquats au niveau des chaussures, des chaises roulantes, des tribunes….  Dans l’objectif d’un mieux-être corporel et de soins au corps, l’ergothérapeute veille aussi à adapter le matériel de la vie journalière (plus de confort pour manger, dormir, se déplacer). Nous travaillons la motricité fine à travers des activités quotidiennes mais aussi lors de prises charge paramédicales (ergothérapeutes) et des ateliers proposés par les équipes éducatives : atelier jeux adaptés, bricolage ou cuisine.

  1. Les stimulations cognitives

Les séances individuelles de logopédie ont pour objectif principal de travailler la stimulation du langage écrit et oral mais aussi les stimulations cognitives (représentation et repères spatio-temporels).  Lun autre aspect de cette fonction consiste en l’évaluation des personnes présentant un risque de dysphagie : observations, bilan et accompagnement au profit de la meilleure adaptation des textures alimentaires qui leur permettront le confort et la sécurité.   Communication alternative : trouver l’outil le mieux adapté aux compétences de chacun.  Début du travail en individuel puis dans le lieu de vie pour ça prenne sens. Le rôle des éducateurs est d’activer les apprentissages : dans le quotidien stimuler l’utilisation de la tablette par exemple pour le goûter et le souper.

  1. Se divertir, culture et projets philanthropiques

Les thés dansants qui sont organisés trois ou quatre fois par an sont une occasion de profiter du plaisir de la musique et de la danse.  C’est aussi une possibilité de vivre un moment agréable avec des personnes d’autres pavillons ou d’autres institutions.  La collaboration avec des intervenants extérieurs, avec des clubs sportifs sont autant de possibilités offertes aux résidents de vivre des émotions fortes, dans un stade ou salle bondés.

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